Ca faisait quelques semaines que je voulais revoir Godzilla… et c’est chose faite ! J’adore ce genre de films, mi-traque d'un animal, mi-grand spectacle, et en particulier quand c’est ma belle ville de New York qui trinque.
J’ai retrouvé avec plaisir Jean Reno, qui a un merveilleux rôle de frenchie, à la fois drôle et ultra-professionnel… bon, ce n’était peut être pas nécessaire d’appeler tous les français Jean-Quelquechose, mais derrière cette équipe des services secrets français, y’a quand même une farouche critique de l’armée américaine en particulier, et des américains en général. Parce que mine de rien, c’est un petit groupe de français (aidé par un scientifique et deux journalistes américains, certes) qui va venir à bout de Godzilla grâce à ruse et l’intelligence de ses membres, au nez et à la barbe de l’Army et de la Navy. Qui, pendant ce temps, tirent dans le tas avec des armes inadaptées… au point de faire des dégâts majeurs dans leurs propres rangs… et à la ville de New York.
Apache Pilot #5: [after accidentally hitting the Chrysler Building with a missile] Oh! Damn, uh! That's a negative impact, sir! I repeat, that's a negative impact!
Mayor Ebert: Negative impact? That's the goddamned Chrysler Building!
Ce qui m’a le plus surpris, c’est de retrouver Doug Savant (alias Tom Scavo) dans le rôle du Sergent O’Neal… je dois avouer que ça m’a fait un choc, d'autant que sa VF est bien loin de la VO que je lui connais ! Autre vieille connaissance, "Animal", le caméraman interprété par Hanz Azaria, et que l'on a bien connu en soupirant très emprunté de Phoebe dans Friends.
Mais surtout, surtout, je ne peux pas m’empêcher de trouver Godzilla sympathique. L’adulte n’est en effet pas réellement agressif… Évidemment sa taille n’est pas adaptée à notre monde, et évidemment il a un appétit difficile à satisfaire, mais on ne peut guère lui en vouloir, il cherche simplement à assurer la survie d’une espèce dont il est le seul membre. Objectivement, c’est quand même un animal superbe. Qui flanque la trouille, certes, mais superbe. Et la dernière scène, pendant laquelle on entend son cœur ralentir, puis s’arrêter, moi je la trouve très émouvante, surtout après avoir vu cet animal si malheureux (euh, et fâché, ensuite...) que l’on ait dézingué toute sa descendance. (On le serait à moins!)
Photo (c) TriStar Pictures, Inc.
Et si vous ne connaissez pas l’histoire, n’imaginez pas qu’elle ait un quelconque rapport avec le Godzilla japonais... (et je ne m’en plains pas, personnellement). Pour le coup, il s’agit d’un iguane marin qui a subi des mutations suite aux essais nucléaires effectués dans le Pacifique. (Bon, on ne peut pas ignorer non plus une critique explicite des essais nucléaires menés par la France en Polynésie… alors qu’en fait, les US ne se sont pas privés dans le Pacifique non plus, et que d’ailleurs les images au début du film sont toutes d’essais américains.) Aussi à l’aise dans l’eau que sur terre, le voilà qui migre vers le nord… et trouve à New York l’endroit idéal pour nidifier. Face à lui… un agent des services secrets français, un scientifique, un caméraman, une assistante qui rêve d’être reporter… et tous les moyens logistiques et humains de l’armée américaine.
Les effets spéciaux sont magnifiques, il y a de nombreux clins d’œil, une vraie histoire, des décors à couper le souffle… et beaucoup d’humour. En bref, moi, j’aime, d'autant plus que malgré la pluie continue et les scènes souterraines, la lumière est de bonne qualité. Pas de frustration parce que l'on y voit fichtre rien,
suivez mon regard...
Réalisé par Roland Emmerich. Avec Matthew Broderick, Jean Reno, Maria Pitillo. Sorti le 16 Septembre 1998.