Je lis rarement un livre à reculons, mais il faut bien reconnaître qu'avec ce
Livre des Choses Perdues, ce fut le cas. Je ne saurais vous dire combien de fois je l'ai reposé après avoir lu seulement quelques pages, mais c'est arrivé souvent, au point que l'Homme m'a plusieurs fois demandé pourquoi je continuais à le lire. La réponse est simple, je ne pouvais pas abandonner le héros dans de telles circonstances, et il fallait que je Sache (avec un S majuscule, oui).
David est un jeune garçon de 12 ans, qui se croit bien malheureux puisque quelques mois après la mort de sa maman, son père lui a imposé une belle-mère... et un demi-frère. Décidé à fuir Londres qui subit des bombardements quotidiens (c'est la seconde guerre mondiale), le père de David emmène sa nouvelle famille dans une grande battisse de laquelle ont disparu quelques dizaines d'années plus tôt un jeune garçon de son âge et sa sœur adoptive. Entrainé dans un monde qui devrait n'être qu'imaginaire mais qui semble bien réel, David va être confronté à toutes sortes de situations plus dangereuses, plus horribles, plus macabres et plus terrifiantes les unes que les autres. Dérivées des contes qu'il aime lire ou basées sur les peurs des adultes qui l'entouraient chez lui, ce n'est qu'en affrontant ces périls qu'il pourra rentrer chez lui... et apprécier ce qu'il a, plutôt que de regretter ce qu'il a perdu ou ce qu'il n'aura jamais.
Premièrement, je dois dire que j'ai trouvé assez horrible de voir les contes de notre enfance être détournés, déformés et dénaturés de la sorte, je n'étais pas une grande fan des contes de manière générale, mais je pense que John Connolly a définitivement réussi à me guérir de
Blanche-Neige ou de
La Belle au Bois Dormant, que je ne pourrai jamais plus lire sans songer à cette version malsaine et dépravée.
Deuxièmement, tout cela m'a beaucoup fait penser à deux films vus ces derniers mois...
Les Frères Grimm pour cette manière de pervertir la littérature enfantine classique, et
Le Labyrinthe de Pan, qui entraîne lui aussi un enfant qui subit la guerre et la haine des hommes au quotidien au cœur d'un monde encore plus vicié. Sincèrement, j'ai été dégoûtée par les horreurs auxquelles est confronté David, je ne sais pas si c'est le fait d'être mère qui dérègle mes critères ou si j'aurais pu aimer ce livre à une époque, mais clairement, aujourd'hui, j'ai beau avoir un goût certain pour le fantastique, je ne peux pas adhérer à un livre comme celui-là. Le livre est sorti simultanément en octobre 2009 en édition adulte et jeunesse... l'adolescence est peut être effectivement le meilleur âge pour le lire, celui auquel on peut être confronté aux mêmes problèmes psychologiques que David (la mort d'un parent, l'impression de ne pas être compris ou aimé, la peur de la différence...). C'est aussi un âge auquel on cherche à s'affirmer et à prouver que l'on est sorti de l'enfance, et j'imagine que ces détournements de contes sont un moyen comme un autre d'y arriver!
Et pour terminer, j'ai été déroutée au début par l'écriture de John Connolly... je serais curieuse à ce propos de jeter un coup d'œil à la version originale, histoire de voir si la traduction accentue ou non le fait que John écrit principalement à destination des enfants. Les phrases sont (très) courtes, le vocabulaire est pauvre, les explications sont exhaustives... et au final, j'ai trouvé l'ensemble fatiguant à lire pour un adulte.
Merci à la team Ulike.net pour sa confiance, et n'hésitez pas à aller consulter
d'autres critiques sur le site Ulike.net, je dois avouer que la mienne détonne au milieu des éloges, il en faut donc pour tous les goûts, ça se confirme! A noter enfin que ce roman a reçu le
Grand prix littéraire du web du roman étranger, décerné par
Les Chroniques de la Rentrée Littéraire.
Tout ceci étant dit, si vous êtes intéressé par ce bouquin, laissez-moi un p'tit mot dans les commentaires, je ferai un tirage au sort pour choisir la personne à qui je l'enverrai... je vous laisse jusqu'au 17 janvier!