Dans chaque saison de Stargate, il y a un épisode pour les Shippeurs. Le ship, c'est la relation extra-professionnelle (pour ne pas dire plus) entre deux personnages d'une série qui, à la base, n'est vraiment pas une série romantique. Si vous avez attendu pendant 10 saisons le vrai premier baiser de Mulder et Scully, z'êtes un p'tit peu un shippeur.
Et cet épisode est là pour ça: nous offrir quelques miettes de romantisme, avant de doucher les ardeurs des plus fervents partisans de McKay, parce que non, on n'est pas prêt de le marier avec sa Kathy. Et si Kathy veut encore bien de lui après cet épisode, sérieusement, c'est qu'elle n'est pas humaine. Parce que c'est du grand McKay, égoïste, égocentrique, arrogant et absolument incapable de s'intéresser à quelqu'un d'autre qu'à lui, ce qui est relativement ironique considérant qu'il se retrouve coincé et sans moyens de communication, seul avec sa Belle, alors qu'il venait justement la demander en mariage. Manque de pot, on sait que McKay est un grand hypocondriaque, et le voilà donc qu'il ressent tout un tas de symptômes en comprenant que la Cité a pris l'initiative d'une quarantaine. C'est tellement pathétique qu'on en aurait presque pitié de lui sur la fin.
Du côté de John et Teyla, zéro ship, juste l'affirmation du fait qu'ils forment une famille sur Atlantis, et que l'enfant de Teyla ne sera jamais seul. Il y a quand même une chose assez étonnante, c'est qu'on connaît les difficultés de Shep lorsqu'il s'agit de toucher une femme (et je ne parle pas de ses frasques avec les jolies extra-terrestres). Prendre Teyla, Liz' ou Sam dans ses bras, même lorsque c'est absolument nécessaire, ça le rend toujours terriblement empoté. Et bizzarement, là, quand il s'agit d'aller toucher le ventre de Teyla parce que le bébé vient de manifester sa présence, il bondit comme un chat sur une souris.
Pour Zelenka et Sam, coincés dans un ascenseur... l'ambiance est beaucoup plus chaude. Au sens propre du terme. Parce que si Zelenka se montre troublé de voir Sam enlever sa veste devant lui, notre Sam est loin de lui prodiguer de bons soins... et ce malgré son coup de foudre. Et je crois bien que même lui réalise que Sam va avoir du mal à craquer pour un type qui élève des pigeons pendant son temps libre, les prends en photo et les mets en fond d'écran. C'est pourtant Zelenka qui au final va sauver la Cité... il volontarise à la place de Sam pour aller crapahuter dans les conduits de ventilation... avant d'y jurer copieusement en Czech. Et heureusement, GateWorld est là pour nous traduire tout ça
Zelenka: “I'll have the power off in no time.” (In Czech) Jesus, that's unbelievable. I'm such a moron. She'll think I'm a total idiot.
Remarquez, vu comme l'acteur peut être absolument canon quand il s'en donne la peine et qu'on nous l'enlaidit depuis 4 saisons, j'attend toujours un changement radical d'apparence et d'attitude. Et avec McKay qui n'est pas dans une très bonne période, serait-ce le début de l'ère Zelenka? Enfin bref, qui vivra verra.
Et pour finir, le dernier couple, que l'on avait vu venir gros comme une maison, je parle bien sûr de Ronon et du Dr Keller. Parce que Ronon ne s'est jamais rendu de lui-même aussi souvent et avec autant d'empressement à l'infirmerie du temps de Carson, ça c'est indéniable. Typiquement, c'est la troisième fois cette semaine qu'il vient la voir. Sans blague.
Dr Keller: Another sparring accident?
Ronon: Actually, I slipped in the shower.
Dr Keller: Oh, really?
Ronon: No. Sparring accident.
Dr Keller: This is the third time this week I've had to patch you up. You know, there are a lot of other ways you can spend your free time.
Ronon: Not as much fun, though.
(...)
Dr Keller: God, honestly, I don't think I've ever met anyone with such a reckless aggression.
(Ronon smiles)
Dr Keller: That's not a compliment.
Ronon: If you say so.
Et entre ces deux-là, c'est une affaire qui roule. Les silences qui en disent long, les confidences, les gestes embarassés, la langue qui fourche allègrement... évidemment, le dénouement arrive au plus mauvais moment pour nous, pour eux aussi, on peut le supposer, mais vu l'embarras qu'ils manifestent lorsque le Dr Keller rejoint l'équipe de choc à la cantine (équipe sans McKay, mais avec Zelenka, qui doit être ravi d'avoir le droit de s'asseoir à la table des gens populaires, ça ne devait pas lui arriver souvent au Lycée, bref), on peut espèrer que ce n'était pas un one-shot. Avoir un acteur avec l'animalité de Jason Momoa et
ne la voir s'exprimer que dans les batailles, c'est quand même un sacré gâchis... mais je m'égare

Pour résumer l'histoire, suite à des fluctuations dont je n'ai absolument pas retenu la nature, la Cité se met d'elle-même en quarantaine "catégorie 5", enfermant ses occupants là où ils se trouvent, sans autre forme de procés.
Teyla: What is a category five?
Sheppard: Well, I'm guessing it's a lot worse than categories one through four.
Les communications sont coupées également, et avec Zelenka, Sam et McKay privés d'ordinateur, c'est donc Sheppard qui se colle à l'épineux problème... transformé en Batman pour l'occasion, on le retrouve en train d'escalader la Tour de la Cité afin de rejoindre la salle de contrôle, d'où il parvient à désactiver le signal d'alerte émis par la Cité.
Teyla: He told you his password?!
Sheppard: Well, he didn't think I'd remember it. One six four three one eight seven nine one nine six eight four two. See? Doesn't take a genius.
Teyla: It doesn't?
Sheppard: 1643 is the year Isaac Newton was born; 1879, Einstein; and 1968 ...
Teyla: The year Rodney was born.
Sheppard: Never underestimate the size of that man's ego.
Teyla: Wait – weren't there other numbers?
Sheppard: Forty-two.
Teyla: What is that?
Sheppard: It's the Ultimate Answer to the great question of life, the universe and everything.
(Et si comme moi ça vous perplexifie un chouia, cf
Wikipedia pour la dernière partie de cette extrait)
Et comme je l'ai déjà dit, c'est Zelenka qui fait le reste du boulot... et sauve tout notre petit monde alors que la Cité a programmé son auto-destruction. Vous l'aurez compris, l'épisode ne fait pas avancer le schmilblick, mais c'est un condensé de moments très humains... j'ai par exemple beaucoup aimé la sollicitude de Shep qui explique à Teyla que lorsqu'une femme enceinte est coincée quelque part dans un film, c'est toujours le moment qu'elle choisit pour accoucher. Et visiblement, il aimerait autant que cela ne tombe pas sur lui. Quant à Ronon qui rejoue les Dents de la Mer, c'est toujours très drôle... évidemment on a déjà vécu tout ça avec Teal'c, mais c'est un ressort qui fonctionne encore bien... J'oubliais presque le grand instant de solitude de Rodney lorsque l'ingénue Kathy (quoique...) caresse amoureusement (et suggestivement) la plante qu'elle a nommé d'après lui, et qui n'est pas sans évoquer un phallus. A voir