J'ai un faible pour l'Angleterre des siècles derniers, et j'étais naturellement impatiente de voir ce film à propos duquel j'avais lu nombre de critiques élogieuses. Je l'ai moi aussi beaucoup aimé.

Ce film, c'est l'histoire du futur George VI, le Prince Albert, qui grandit dans l'ombre de son frère aîné Edouard VIII -premier dans la succession au trône- et n'arrive pas à gagner l'estime de son père, l'affection de sa mère, ou même la tendresse de sa nourrice. Littéralement paralysé lorsqu'il s'agit de s'exprimer en public, George VI ne souhaite plus qu'une vie discrète... loin des regards plein de pitié des gens du peuple, du gouvernement et de toute la Cour. Loin des réflexions blessantes de son père, dont il n'apprendra que trop tard qu'il pensait qu'il serait un excellent Roi à la mort de son frère. Loin des micros de la BBC qui retransmettent désormais en direct les discours royaux dans tout le Commonwealth.

Colin Firth, King's Speech

Encouragé par sa femme, le Prince Albert va faire confiance à un thérapeute du langage, Lionel Logue, aux méthodes peu conventionnelles... Et vous connaissez la suite de l'histoire. Edouard VIII prendra la succession de son père et finira par abdiquer en 1936 pour l'amour de sa maîtresse qu'il ne peut ni épouser, ni se résoudre à quitter... laissant le Royaume Uni aux mains de son frère, à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale.

Il y a beaucoup de très belles scènes dans ce film, comme cet instant où la Reine ferme les yeux du Roi George V qui vient de s'éteindre, et fait la révérence devant Edouard VIII en lui souhaitant "Long Live the King!". Ou encore cette question rhétorique de Lionel Logue qui demande à Bertie -le Prince Albert- à quoi servent les amis... ce à quoi le Prince répond qu'il ne saurait le savoir. Les deux hommes resteront amis toute leur vie.

Pour terminer, c'est une remarquable prestation d'acteur de Colin Firth, dont le jeu est ici d'une extraordinaire finesse. Tant de solennité, tant d'auto-dérision et tant d'émotions à la fois... il est brillant.


Réalisé par Tom Hooper. Avec Colin Firth, Helena Bonham Carter, Derek Jacobi. Sorti le 2 février 2011.