Ingénieur aéronautique, pilote de chasse, pilote d'essai, premier vol en Soyouz avec à la clé un séjour de 3 semaines dans la station Mir, second vol avec la navette Atlantis, et après 48 jours dans la Station Spatiale Internationale, retour sur Terre à bord d'Endeavour... C'est en voyant des hommes marcher sur la lune en 1969, alors qu'il avait douze ans, que Léopold Eyharts s'était dit qu'il deviendrait astronaute. Mission accomplie!

On ne peut être qu'admiratif devant un homme de cette trempe, qui nous a raconté hier l'objectif qui lui était confié à bord de l'ISS, rien de moins que l'installation du module européen Columbus. Ceci dit, il nous a expliqué ses responsabilités avec une extrême modestie, très rafraîchissante... Nous étions une petite cinquantaine dans la salle, invités par le CNES à cette rencontre privative; présentation en images tout d'abord, et longue séance de questions/réponses ensuite.
"Notre" astronaute s'est prêté au jeu avec beaucoup de grâce, prenant le temps de répondre en détail aux questions posées... Les thèmes étaient aussi variés que l'impact physiologique et psychologique d'un séjour dans l'espace, les expériences menées à bord de l'ISS, le sport (jogging, vélo et musculation... suivant un programme personnalisé pour chaque astronaute), la variété des menus (comme à la maison, quand il y a des restes, il faut les finir!), le rythme des journées, l'avenir de l'exploration spatiale (mars... à son avis pas avant que la propulsion permette d'y aller en moins de 2 mois), les difficultés pour trouver le sommeil, la fin du programme des navettes (plus de possibilité de ramener de gros éléments sur Terre), les cargos de ravitaillement (japonais et européens), la gestion des débris et des micro-météorites (si l'ISS n'a pas le temps ou la possibilité de faire une manœuvre d'évitement, direction le Soyouz de secours afin d'être prêts à évacuer en urgence)...

Quelques questions plus personnelles également, sur la difficulté de rester motivé alors qu'il se passe si longtemps avant une première puis une seconde mission (facile... les astronautes sont très impliqués dans le développement et le quotidien des missions en cours), ce qui lui a manqué le plus en étant là-haut (sa famille), ou une anecdote cocasse (on mange donc plus facilement avec des baguettes en apesanteur!). Pas facile non plus de s'habituer à accrocher chaque objet/outil que l'on lâche, ni de se souvenir où trouver telle ou telle chose...
Les enfants n'ont pas hésité à mettre les pieds dans le plat avec entre autres le mal de l'espace... pour sa part, Pitchoun #2 lui a demandé si la Terre était belle (oui, toute bleue et blanche, très belle) et si elle était bien ronde (oui aussi, même si depuis l'ISS elle est tellement proche que l'on ne voit que sa courbe sur l'horizon)

Nous étions attendus à 20 heures (enfin, surtout Léopold Eyharts!) à la soirée "
L'espace, compagnon des explorateurs", animée par Vincent Perrot dans un grand amphithéâtre à l'étage au-dessus... mais nous avons quand même failli abuser de la patience de nos hôtes du CNES en soumettant Léopold à une séance d'autographes et de photos souvenirs! Là encore, il s'est prêté à nos requêtes avec beaucoup d'humilité. Monsieur Eyharts a beau être un grand homme, nous l'avons trouvé extrêmement accessible!
Nous n'avons pas assisté à toute la soirée -il y a une limite au temps pendant lequel les petiots peuvent rester assis à écouter des gens parler... peu importe à quel point leur récit est passionnant. Et c'était réellement passionnant, le CNES avait invité des explorateurs de tous poils pour évoquer la manière dont la conquête de l'espace avait révolutionné leur métier: spéléologue, scaphandrier, botaniste, spécialiste de la biodiversité, baroudeur du désert, zoologiste, responsable de la réserve naturelle du Centre Spatial Guyanais... Bref, beaucoup de belles images, commentées par des hommes et des femmes qui parlent de leur métier avec passion.

Nous sommes revenus enchantés de ces rencontres, d'autant plus que nous avons été accueillis comme des princes par Séverine et Sylvain du CNES (merci encore!) et que nous sommes repartis chargés de goodies, les enfants ont même eu droit à une maquette d'Ariane 5 à monter eux-mêmes

Pour plus de photos, RDV sur la
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