Je suis tombée sous le charme de ce film, dans lequel les scénaristes se sont attachés à montrer l’amour sous toutes ses formes… d’un père pour son beau-fils, d’une employée pour son chef, d’un producteur pour son poulain, d’un homme pour la femme de son meilleur ami, d’un premier ministre pour une collaboratrice, d’une jeune garçon pour une camarade de classe, d’une femme pour son frère, d’un veuf pour sa femme décédée, d’un écrivain solitaire pour la femme qui vient faire son ménage, d’une femme pour un de ses collègues, et réciproquement.
Certains aiment sans retour, d’autres sont heureux, d’autres souffrent ou attendent.
Le film commence dans un aéroport, avec de belles images de retrouvailles à la descente d’un avion, et le constat que « Love, actually, is everywhere ». Une voix off nous rappelle que le 11 septembre 2001, tous les messages envoyés par les futures victimes de l’attentat étaient des messages d’amour. Aucun message de haine.
Love Actually, c’est une galerie de portraits entremêlés, et qui s’attache à ne dépeindre que quelques scènes picorées dans leur vie, au hasard de leurs coups de cœur ou de leurs sentiments profonds… Un enterrement, un mariage, une fête de bureau, le tournage d’un film porno, le spectacle de Noël d’une école, le 10 downing street, un restaurant, un aéroport… évidemment c’est une comédie britannique, et on échappe pas à Rowan Atkinson ni au lourdaud obsédé par le sexe, mais c’est un faible prix à payer tant le reste est bien (res)senti. En fil rouge, l’on a un chanteur ringard qui sort une reprise d’un de ses tubes pour Noël et ambitionne d’être LE hit de la fin de l’année… peu importe les moyens.
J’ai été particulièrement sensible à trois chassé-croisés:
- L’homme amoureux de la femme de son meilleur ami… qui leur fait une superbe surprise pour leur mariage, et qui, en échange, s’autorise à ne filmer qu’elle ce jour là, comme s’il pouvait imaginer en regardant la cassette qu'il s'agit de leur bonheur. Il se refuse à lui dire à quel point il l’aime, préfèrant la laisser penser tout le contraire, mais une fois trahi, finira par lui faire une déclaration extraordinaire de romantisme, sans rien attendre d'elle en retour.

- Le veuf et son beau-fils… leur point commun, la femme, vient de mourir. L’homme voit le garçon se renfermer sur lui-même et s’inquiète, sans savoir que son fils est amoureux et se sent coupable de ressentir d’autres émotions que la tristesse de la mort de sa maman. L’homme va tout faire pour que le premier amour de son fils ne soit pas un souvenir douloureux… et retrouver dans le même temps une femme à aimer.

- La femme et son frère… cette femme se consume d’amour depuis plus de deux ans pour un de ses collègues, et le soir où enfin ils sont seuls chez elle après avoir osé franchir le pas, elle le laisse en plan pour son frère, qui l’appelle continuellement sur son portable. L'on ne comprend son attitude que quelques scènes plus tard...
Le film est interprété par une brassée de têtes connues (Keira Knightley, Liam Neeson, Hugh Grant, Emma Thompson, Alan Rickman…), d’autres moins connues mais déjà vues, d’autres nouvelles… pour une vingtaine de personnages principaux. Finalement, c’est Hugh Grant en premier ministre qui m’a le moins convaincue, même si Hugh Grant n’est jamais vraiment mauvais
Réalisé par Richard Curtis, Avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Keira Knightley, Emma Thompson, Alan Rickman... sorti le 3 décembre 2003.
Photos © Mars Distribution